Inspirations – Porter ses valeurs à l’échelle de l’entreprise

Inspirations – Porter ses valeurs à l’échelle de l’entreprise 1024 576 DEMAIN

Porter ses valeurs à l’échelle de l’entreprise

Et si la quête de sens était un premier pas vers un impact positif et durable ? 
Cette semaine, nous vous partageons deux podcasts qui nous ont beaucoup inspiré.es dans notre cheminement via B Corp. Ils traitent de la vertu d’un alignement entre travail, valeurs et sens qu’on cherche à donner à sa vie :

  • Hubert Joly nous montre comment sa quête de sens l’a conduit à remettre l’humain au cœur de l’entreprise Best Buy tout en multipliant par dix sa valorisation boursière,
  • Thomas Firh est parvenu à imposer Les Others comme le média de référence de l’aventure en suivant sa passion pour la nature et un certain modèle de sobriété.

Donner un sens à sa vie en remettant l’humain au cœur de l’entreprise avec Hubert Joly 

Chercher la performance plutôt que la perfection

Performance et perfection sont des concepts qu’on peut être amenés à confondre. La perfection apparaît comme un idéal à atteindre, comme le paradigme absolu de la performance. Or accepter l’imperfection, c’est accepter l’incertitude du monde dans lequel on vit et se mettre en action pour faire du mieux qu’on peut pour inventer un futur meilleur qu’aujourd’hui. C’est emmener les hommes à collaborer, à accepter leurs manquements, à s’entraider au service d’un bien commun. Car les relations humaines n’existent que si l’on s’ouvre, si l’on accepte qu’on n’est pas parfaits et qu’on ne peut pas, de fait, contrôler les résultats.
Quand la perfection induit un point d’arrivée et un état statique, la performance, elle, pousse à se mettre en mouvement et à améliorer son impact.

Chercher le sens pour mettre l’humain avant le business et les résultats

Hubert Joly a connu une carrière fulgurante, propulsé très vite au sommet : consultant puis partner chez McKinsey, président d’EDS puis membre du comité de direction de Vivendi Universal… Une fois arrivé au sommet de cette montagne, motivé par « le pouvoir, la gloire, et l’argent », il ne trouve que sécheresse et désolation. Cela agit comme un élément déclencheur qui le pousse à revisiter sa vie et à chercher le sens qu’il voulait lui donner. Selon Hubert Joly, c’est la question du sens qui nous anime en tant qu’humain et le travail est l’une des manières essentielles d’aboutir à l’accomplissement de soi.
Sa conviction est qu’il faut refonder l’entreprise autour du sens, de l’humanité et du bien commun. Ainsi, la finalité de l’entreprise est liée à l’humain avant tout, et c’en est aussi le point de départ : il s’agit de son premier impératif, devant les impératifs business et financier qui n’en sont que les résultantes.

Le rôle du leader est de créer un univers où peut se libérer la magie humaine

Le rôle principal du patron n’est pas d’apporter le plus de valeur par la suprématie de son intelligence mais de créer l’environnement dans lequel les collaborateur.rices vont s’épanouir en mettant l’énergie humaine au cœur de tout ce qui est entrepris. C’est ainsi qu’en arrivant chez Best Buy, il passe sa première semaine en magasin, à écouter et échanger avec les vendeurs.ses. Par la suite, alors qu’il avait déjà rédigé un mémo de 8 pages sur le diagnostic et le plan d’action, il entreprend une démarche de co-création du plan de redressement de l’entreprise avec ses équipes, engage rapidement des premières actions pour créer du mouvement, et favorise la transparence en célébrant les premières victoires et en partageant les échecs. Il refonde l’entreprise autour de la quête d’un bien commun, en mettant les individus au centre et en embrassant l’ensemble des parties prenantes : le profit devient un résultat, non plus une quête. De cette démarche, naît la raison d’être de Best Buy : enrichir la vie des gens grâce à la technologie.

Il entreprend par ailleurs de transformer la culture de l’entreprise en commençant par pousser les membres de ses équipes, ainsi que lui-même, à devenir les meilleurs leaders possibles. Le point de départ est d’accepter le feed-back et de le transformer en feed-forward en acceptant qu’on n’est pas parfait et que les autres peuvent nous donner des conseils pour nous améliorer. Il inscrit cet exercice comme une habitude. Ainsi, après avoir récolté des axes d’amélioration de la part d’autres collaborateurs, chacun est poussé à travailler dessus, faire de son mieux et est invité à réinterroger ses collaborateurs 4 mois plus tard afin d’évaluer ses progrès, obtenir des conseils et identifier de nouveaux axes. Cela induit aussi de mettre davantage l’emphase sur l’effort plutôt que sur le résultat.

Ecoutez en podcast ici ou regardez en video  l’interview de Hubert Joly par Pauline Laigneau

 S’imposer avec sobriété dans un secteur de niche avec Thomas Firh

La passion pour la nature comme point de départ
Aux fondements de Les Others, 3 amis animés par une même volonté de ramener La Nature dans leur quotidien. A l’époque Thomas Firh est rédacteur chez Betclic à Paris, après des études universitaires en mathématiques qui ne l’épanouissent pas, il prend plaisir à jouer au poker en ligne est et écrit pour des magazines de poker. C’est là qu’il est repéré par Betclic qui lui propose un poste de rédacteur. Porté par l’émulation du secteur, il prend du plaisir dans son travail mais ressent très vite le besoin de se reconnecter à la nature, lassé par le rythme du métro-boulot-dodo. Ce constat est partagé par deux de ses amis qui vivent aussi à Paris, loin de leurs montagnes natales. Ils commencent alors par tenir un blog : pas de format d’article standard ni de ligne éditoriale, les idées des articles fleurissent au gré de leur joie de partager leur passion pour la nature. Ils partagent ainsi leurs aventures en plein air, recommandent des équipements, communiquent sur du cinéma ou encore de la photographie…Ils préfèrent écrire et se mettre en action assez rapidement plutôt que de passer du temps à théoriser leur concept. Et c’est une recette qui fonctionne puisque c’est ainsi qu’ils graviront plein de petites marches au moment où elles leur paraissent évidentes.

La sobriété comme modèle de croissance
De 6 000 fans sur Facebook en 2012-2014, ils passent à une communauté de 180 000 personnes sur les réseaux sociaux en 2021. Leur blog suscite un vrai engouement et ils affinent leur ligne éditoriale autour de l’aventure et des activités de plein air, en préservant les sujets qui les animent le plus et ceux que leur lectorat plébiscite. Très vite, ils reçoivent des récits de voyage de la part de leurs lecteurs, qu’ils réécrivent et republient. Ces formats souvent longs leur donnent l’idée de les poser sur du papier. C’est ainsi que naît l’idée d’un livre, 1er numéro d’une publication papier semestrielle, qui connaît un joli succès, leur permet d’être rentable et de lancer un 2ème numéro.

Media indépendant, ils veulent leur croissance raisonnable pour se permettre de financer sereinement les prochaines étapes de leur développement. Pas de distributeur ni de diffuseur, pas de perte. Ils vendent en propre via leur site internet ou dans quelques librairies spécialisées. Pas de logique d’abonnement ou de souscription. Leurs revenus proviennent de :

  • La vente de leurs éditions papiers semestrielles et de leurs cartes Recto/Verso (carte-méthode pour organiser simplement ses aventures en pleine nature)
  • Leurs annonceurs : marques en brand content sur le site, page partenaire, articles sur le site, mention sur les réseaux sociaux et placement de produits
  • Leur agence Les Others Studio : une agence de communication à destination des marques qui souhaitent remettre leur amour pour la nature au centre de l’attention
  • Leur indépendance leur permet notamment d’être intransigeants sur le choix des annonceurs : refus de collaborer avec des équipementiers impliqués dans le scandale des ouighours ou des entreprises fondamentalement en contradiction avec leurs valeurs.

    Par ailleurs, ils ne recrutent que lorsqu’ils peuvent payer leurs collaborateurs. Ils ne rêvent pas de grande levée de fonds ou de croissance d’effectifs à deux chiffres. Ils tiennent à leur agilité et efficacité et pour eux, qui leur paraissent plus simples à maîtriser via une équipe à taille humaine. La sobriété est leur maître mot et ils parviennent à rassembler une communauté très forte autour du voyage, qui partage les mêmes valeurs. Le contenu media est créé en partie par leur communauté de passionnés.  Ils ont créé une plateforme propriétaire, réservée aux personnes qui ont acheté un projet recto/verso (carte-méthode pour organiser simplement leurs aventures en pleine nature), sorte de forum sur lequel les membres peuvent échanger et se conseiller.

    Cette sobriété est intrinsèquement liée à ce qu’ils prônent au départ :

    1. un rapport à la nature sain (pas de tourisme de masse, le nombre suffit à avoir un impact négatif sur la nature)
    2. laisser une part d’inconnu, de liberté, dans ce qu’on va faire
    3. être acteur : faire plutôt que faire-faire en organisant soi-même, en le vivant pleinement car cela fait partie même de la notion d’aventure.

    Ecoutez Thomas Firh interviewé par Médiarama ICI

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